Tom: « Lena, tu te bouges ? On doit y aller... »
Toujours il râle lui. C'est pas possible. Mes valises sont à peine prêtes. Mais comme d'habitude, on a un « planning » à respecter. Je leur en foutrais des plannings moi. Je referme violement mon dernier sac, et appelle Tobias pour qu'il vienne les prendre. Je descends rapidement ces escaliers que je connais par c½ur et sors sur le pas de la porte. Avant de partir, je me retourne vers cette maison que je ne suis pas prête de revoir avant un voir deux mois. Cette maison est la leur. Je la connais même mieux que la mienne, vu le nombre d'heures que j'y ai passé. Elle va me manquer. Le salon, la cuisine, leurs chambres... Tout notre quotidien se retrouve chamboulé une fois encore. Je commence à fatiguer de toute cette agitation, mais ils tiennent à ce que je sois toujours près d'eux. Alors je m'exécute, sachant pertinemment que j'ai autant besoin de leur présence qu'ils ont besoin de la mienne. Je ne supporterai pas d'être loin d'eux trop longtemps. J'embrasse Simone et Gordon, qui sont sur le perron.
Simone : « Prends bien soin d'eux d'accord ma chérie ? Et de toi aussi, cela va de soi. »
Moi : « Ne t'inquiètes pas, avec moi, ils vont filer droit ! »
Gordon : « Et fais en sorte qu'ils mangent un peu de légumes, et pas que des pizzas ! »
Tom sort la tête par la porte du tour bus, les yeux exorbités.
Tom : « Y'a pas moyen, je boufferai pas des légumes moi ! Et puis quoi encore ! Un être comme moi se doit de manger des pâtes et des pizzas tous les jours pour tenir la forme ! Alors Lena, t'as pas intérêt à nous faire manger ça, sinon on te dépose en route ! Na ! »
Moi : « Tomi, t'oserais pas. Tu le sais. Si je suis à plus d'un mètre de toi, tu paniques ! »
Tom : « Arrête de m'appeler Tomi LENA ! »
Moi : « Je cesserai le jour où tu m'appelleras par mon prénom, à savoir HELEA ! »
Tom : « Bah moi je préfère Lena ! »
Simone : « Bon vous avez fini les deux gamins là ? Aller, montez dans le bus avant qu'il ne démarre sans vous ! »
Tom : « Ca, ça risque pas ! »
Bill descend du bus pour aller serrer ses parents dans ses bras une dernière fois avant longtemps. Comme à chaque fois, les aurevoir sont difficiles. Bill pleure un peu, quelques larmes roulant sur ses joues. Tom fait le fier mais dans quelques minutes, une fois à l'intérieur du bus, il ira s'isoler un moment. Moi, je me contente de leur faire un bisou. Je monte les quelques marches du bus et m'assois à la fenêtre, en compagnie de mes deux copies conformes et fais un signe de la main. Les silhouettes de mes seconds parents rétrécissent au fur et à mesure que le bus s'éloigne. J'ai une boule au ventre, comme toujours lorsque je quitte Loitsche. Je contemple les paysages qui me sont si familiers. J'essaye de les regarder comme si je les voyais pour la dernière fois, afin de ne pas les oublier lorsque je serai loin d'ici. Comme prévu, Tom part à l'étage se mettre à l'écart et seul un Bill morose me fait face.
Moi : « Ca va aller Bill ? »
Bill : « Oui, oui t'inquiètes pas. Tu sais bien que je suis toujours comme ça quand on part. J'peux pas m'en empêcher, c'est normal après tout. Je pars pour longtemps, et malgré le fait que vous soyez tous là, ben je suis nostalgique. Mes parents me manquent déjà. »
Moi : « Normal. Et au fait, on les prend où les deux autres ? »
Bill : « Heu... Chez Gé' normalement. J'espère qu'ils ont pas oublié de se réveiller. Enfin, je m'en fais pas trop pour Gus' à vrai dire. Celui qui m'inquiète, c'est plutôt Gé'. On sait très bien qu'il aime dormir ce fainéant. »
Moi : « Si il est pas réveillé, crois moi qu'il le sera dès que j'arrive. »
Bill : « J'te fais confiance pour ça. Je suis tellement content que tu viennes avec nous. Je te remercie ma Lena... »
Moi : « Bill... »
Bill : « Pardon. Mais c'est que j'ai pris l'habitude avec Tom maintenant. »
Moi : « Bon, appelez moi comme vous voulez, j'suis fatiguée de me battre »
Bill : « Merci ! :D »
Il me remercie d'être venue. De rien Bill. Crois-moi que je peux faire beaucoup de choses pour vous. Je suis si heureuse d'être là. Même si pour ça, je dois sacrifier beaucoup. Parents. Amis. Etudes. Ma vie quoi. Parce que dorénavant, c'est VOUS ma vie. J'ai fait ce choix de moi-même, personne ne m'a forcée. Et tout le monde l'a accepté. Mes parents en ont d'abord parlé avec Simone et Gordon. Normal. Mais ils ont vu à quel point j'avais besoin de vous. Alors ils m'ont laissée partir. Certes avec un peu de craintes et de déception. Mais ils me soutiennent. Mes cours, je les prends par correspondance, tout comme Bill et Tom. Mes amis ? Ils se divisent en 2 catégories : ceux du début, de mon enfance... bref, ceux sur qui je peux compter, et les autres. Ceux qui se sont rapprochés de moi uniquement parce que je suis la meilleure amie des Kaulitz, les membres de Tokio Hotel. Bien sur la majorité sont des filles. Et elles sont prêtes à tout pour pouvoir les approcher. Elles m'invitent chez elles, m'offrent le ciné, m'accompagnent faire les courses... Bref, elles me lèchent le cul dans le seul espoir que je les introduise dans le cercle très fermé des Tokio Hotel. Le pire dans tout ça, c'est qu'elles sont persuadées que je ne me doute pas de leur petit manège. Erreur. Je ne suis pas dupe. Désolée. Alors je fais semblant, revêtant mon costume de « bonne amie » qui en appelle certaines « chérie », « petit c½ur » ou encore « puce ». Si elles savaient à quel point je les méprise. Je ris intérieurement, me délectant de leur jeu minable. Encore personne, pas même mes « vrais » amis n'ont pu être présentés à « eux ». Je les préserve. Je les protège. Plus que moi. Je ne veux pas que des rapaces intéressés uniquement par leur argent où par les avantages qu'ils peuvent fournir viennent mettre le grappin dessus. Ils sont à moi. A moi seule. J'ai l'exclusivité sur eux 4 mais surtout sur eux 2. Dans un sens, ils m'appartiennent, tout comme je leur appartiens. Je ressens une certaine jalousie à l'encontre de toutes ces filles qui les attendent devant leurs hôtels etc... Elles ne savent pas que moi, je peux aller dormir avec celui que je veux, que je suis avec eux 24/24 7/7. Je suis jalouse d'elles alors que le contraire serait plus logique.
Bill : « A quoi tu penses ? »
Je reviens à la réalité. Je plonge mon regard dans le sien, comme j'aime le faire. A chaque fois, il est troublé. Cette fois ci ne déroge pas à la règle.
Moi : « A nous tous. »
Bill : « Mais encore ? »
Moi : « bah... A notre amitié, à tout ce qui nous unit. A la chance que j'ai d'être là... »
Bill : « C'est nous qui avons de la chance de t'avoir. Tu nous ais d'une aide précieuse et d'un grand soutient moral. Sans toi, je sais pas ce qu'on ferait... »
Moi : « Pas grand-chose, là est le problème ! »
Bill : « Méchanteuh ! »
En levant les yeux, j'aperçois Tom qui redescend pour venir se joindre à nous. Dans quelques minutes, nous atteindrons Magdebourg, la ville des deux derniers. Je prie pour qu'ils soient prêts, sinon, j'en connais un qui ne va pas garder son calme bien longtemps.
Tom fait le pitre, comme à son habitude, et manque de finir par terre, après un violent ralentissement. Il nous regarde, choqué. Remet sa casquette en place. Se rassois. Fin de l'histoire. Il attache même sa ceinture. Je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire. Gott qu'il est débile quand il s'y met. Je me demande si je n'ai pas pensé tout haut.
Tom : « Merci, dis que j'ai l'air débile aussi nan ? »
Moi : « J'osais pas. ^^ »
Tom : « Sympa... Hé ! On arrive !! Tadaaaa ! Je vais aller te le secouer le Gé' il va pas s'en remettre, je vais aller déclencher la 3ème Guerre Mondiale dans sa chambre ! héhé ! »
Moi : « Faut toujours que tu fasses le con. T'es pas possible. »
Il me regarde. Me tire la langue. J'aime son visage. J'aime le grain de beauté sur sa joue. Son piercing. Sa bouche. Si parfaite. Ses dreads. Peu communes mais qui lui vont si bien. Ses yeux. Bruns. Légèrement en amende. Et son sourire. Tellement craquant. Tellement dragueur aussi. Bref, j'aime la perfection de son visage. Je le suis des yeux tandis qu'il court à l'extérieur du bus tout en se tenant l'entre jambe à cause de son baggy. Il trouve le moyen de se prendre Gus' en pleine face. Et il stop net en voyant Georg apparaître derrière. Tout propre. Tout bien habillé, bref, tout en beauté.
Tom : « Scheiβe ! Moi qui voulait aller te réveiller mon chou... »
Georg : « Loupé ! T'as les boules hein ? »
Tom : « Bah comme d'hab, elles me quittent jamais... 8-p »
Tout le monde se regarde, navré par la blague de Tom. Il en fait toujours des tonnes. Je prends Georg et Gustav dans mes bras et me replace près de Bill. Une fois les bagages chargés, nous disons au revoir aux parents de Georg et remontons dans le Tour Bus. Direction : la France. Je n'ai jamais visité ce pays. La seule fois où j'y ai mis les pieds, c'était pour leur concert au Trabendo le 9 Mai 2007... Là, ils font carrément une tournée... Encore des ennuis en perspective.
Je les entends déjà se bagarrer pour savoir qui dort au dessus de l'autre. J'entends d'ici Tom qui rouspète pour dormir en haut. D'ailleurs, le voilà qui descend pour venir s'asseoir près de moi.
Tom : « J'men fous, je dormirai sur la couchette du dessus » bougeonnait-il pour lui-même.
Moi : « Il t'arrive quoi encore le poulpe ? »
Tom : « Appelle moi encore une fois comme ça, et je te fais regretter d'être venue ! Il se passe que je veux dormir en haut ! Nan mais c'est vrai, quand tu dors en haut, t'es préservé de tout... Imagine Georg au dessus. Dans la nuit, s'il a des problèmes d'intestin, qui est-ce qui va morfler ? C'est bibi ! »
J'éclate de rire. Il pense vraiment à tout. Il analyse tout, tout le temps. Bien sur, il choisit les meilleures options pour lui. Egoïste et réfléchi. Deux mots qui le caractérisent. Bon, par contre, avec les filles, c'est une autre histoire. Mais chaque chose en son temps.
Il rigole avec moi. Il me fixe. Contrairement à son frère, c'est moi qui suis troublée dans ces moments là. Il a beau être mon meilleur ami, son charme ne me laisse pas insensible. Idem pour Bill. Si je devais choisir, j'en serai incapable. Ils se ressemblent trop. Deux être quasi parfaits. Deux corps bien distincts cependant. Physiquement, il n'y a pas plus différent que ces deux là. Pourtant, le choix serai impossible.
Mais après tout, qui m'a demandé de choisir ?
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